Luxe, royauté et peinture au XVIIIème siècle…

Article culture et histoire de l’art aujourd’hui avec l’analyse de ce magnifique tableau de Louis Edouard Rioult représentant Marie-Thérèse Louise de Savoie Carignan. L’idée est de comprendre la représentation du luxe et de la mode à travers la royauté, notamment à travers ce  tableau de peintres du XVIIIème siècle.

J’ai également fait des analyses  de publicité contemporaine afin de voir comment était abordé le thème et la représentation du luxe : c’est par ici si vous souhaitez en savoir plus avec cette analyse de tableau ou cette analyse de publicité.

Vocabulaire du luxe : mise en scène de la femme

Analyse de la représentation du luxe à travers un tableau

La princesse de Lamballe est à l’origine d’un chapeau de paille inventé en 1779 par Rose Bertin. En effet, la princesse était une des clientes attitrées de la modiste Rose Bertin. Celle-ci lui confectionna alors un chapeau de paille recouvert par une gaze blanche que la princesse porte sur ce tableau. On a pourtant l’impression qu’elle ne porte pas de chapeau et que seule une couronne de fleurs enrubannées est posée sur sa tête. La couronne exprime notamment le rang social de la femme : c’est une princesse, elle ne peut donc porter une couronne en or, classique, mais elle mérite d’être tout de même couronnée.

Le peintre a représenté les cheveux de la femme de façon très réaliste : elle semble ne pas avoir de perruque et ces cheveux châtains clairs illustrent son jeune âge, une illustration reprise dans tout le tableau grâce aux couleurs roses et blanches qui expriment la pureté, la virginité et une douceur extrême. Le port des fleurs était très à la mode, la rose est d’ailleurs la fleur qui sied à la noblesse. Le chapeau de la princesse a aussi des myosotis et les feuilles des roses ajoutent de la douceur grâce à la couleur bleu pastel des myosotis.

Le port de cette robe apporte un côté simple et naturel au portrait. Cet aspect naturel est repris par la coiffure qui semble naturelle et par la présence de la couronne fleurie. La femme et la rose ne semble faire qu’un : elles sont aussi délicates et raffinées l’une que l’autre. Les volants qui entourent le décolleté entrainent aussi un effet de légèreté et de grâce, repris par le fichu qui cache le profond décolleté.

Le ruban noué au niveau de la poitrine rappelle les couleurs des roses du chapeau et les rubans que l’on aperçoit derrière le chapeau. Le ruban était un accessoire très à la mode qui servait aussi le langage amoureux. La princesse apparaît ici comme une vierge pure dont la jeunesse est représentée aussi par le ruban car cet accessoire était moins clinquant que les diamants ou les plumes portées par les femmes du monde.

Le peintre a réussi à traduire en peinture cette jeunesse et cette légèreté grâce aux jeux de transparence notamment si on regarde la voilette, mais aussi si on observe les volants. La princesse apparaît alors très fraîche…comme la rose du matin !

Une femme, un regard, un spectateur

Analyse de la représentation du luxe à travers un tableau

La princesse est représentée en position ¾ favorisant un effet de non-confrontation, son visage est doux et elle esquisse un sourire. Elle exprime de la sérénité et de la douceur ce qui permet au spectateur de ne pas se sentir rejeté.

Cependant, elle reste une princesse et tient son rang car elle n’exprime en aucun cas une relation de proximité qu’elle souhaiterait établir avec le spectateur. Sa posture et son visage demeurent très dignes et droits malgré le léger mouvement du visage penché vers la droite. La princesse apparaît aussi bienveillante grâce à son mouvement du visage ce qui permet de toucher plus facilement le spectateur qui la trouvera « touchante ».

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6 réflexions au sujet de « Luxe, royauté et peinture au XVIIIème siècle… »

  1. Ping : Analyser un message visuel du luxe en publicité ou tableaux | De Mode en Art

  2. Ping : Mode du XIXème : Madame de Senonnes | De Mode en Art

  3. Ce qui m’a toujours titillé dans les tableaux, c’était de savoir si la personne représentée ressemblait vraiment à l’image, sachant que la royauté se faisait embellir et même « photoshopper » à coups de pinceaux pour paraître bien plus belle qu’elle ne l’était !

    • Effectivement, il est certain qu’il y a un embellissement de la personne représentée, dans tous les cas il y a une mise en scène (tout comme dans les publicités des marques de luxe…). Cependant, le naturel était très bien vu à cette époque donc je pense que les princesses et reines étaient tout de même moins « photoshoppées » que les mannequins qui représentent les marques de luxe aujourd’hui !

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